30 000 manifestants ? Les chiffres politiques d’un gouvernement aux abois !

Celles et ceux qui ont participé à la grande marche citoyenne du 5 mai 2013 pour la 6e République, contre la finance et l’austérité n’en ont pas cru leurs oreilles ! 30 000 manifestants ? C’est moins que le nombre de personnes présentes sur la seule Bastille, comme en témoigne la photo qui sert de couverture à cet article ! Ce chiffre absurde ne peut être que le fruit de la commande politique d’un gouvernement aux abois qui a vu défiler ses propres électeurs (du second tour) dans la rue. En début de journée, la préfecture de police rappelait d’ailleurs sur son compte Twitter officiel qu’elle ne communique jamais de chiffres des manifestations organisées par des partis politiques.

Comment ne pas voir, dès lors, dans la diffusion de ce chiffre, un acte politique destiné à tenter d’affaiblir la puissance incroyable d’un mouvement de masse que le gouvernement refuse d’entendre ? Je parle ici de « diffusion » car, à la vérité, la préfecture de police n’a rendu aucun chiffre public, ni sur son compte Twitter, ni sur son site internet. Le chiffre de 30 000 manifestants provient en fait d’une dépêche AFP (abondamment reprise par la suite), qui cite la préfecture de police comme source, mais ne renvoie à aucun document officiel.

Alors maintenant, rions un peu ensemble, si vous le voulez bien. Que représentent 30 000 manifestants sur le parcours que nous avons effectué le dimanche 5 mai 2013 ? Selon Google Maps, le parcours de cette marche citoyenne pour la 6e République, contre la finance et l’austérité, était de 2,5 km, soit 2 500 mètres.

Parcours 5 mai

En admettant que ces « 30 000 » manifestants étaient statiques sur l’ensemble du parcours, et que les rangs étaient espacés d’un mètre, cela signifierait qu’il y avait 12 manifestants par rang (30 000 / 2 500). Pour information, le boulevard Diderot (sur lequel nous avons effectué la majeure partie du parcours) mesurant 31,8 mètres de large (voir la street view du boulevard vide ci-dessous), cela signifierait en plus que nos 12 manifestants par rang auraient été espacés de 2,65 mètres les uns des autres. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces « 30 000 » manifestants n’auraient pas été serrés !


Agrandir le plan

Trêve de plaisanteries. Il est évident que nous étions bien plus de 30 000, et les chiffres donnés par la préfecture de police doivent par conséquent être pris pour ce qu’ils sont : une tentative désespérée du gouvernement pour atténuer le retentissement considérable et international (je mets un lien d’El País, le plus amusant, puisqu’il dit qu’il y avait… « 3 000 » manifestants selon la police) qu’a eu cette grande marche citoyenne. Toutes celles et tous ceux qui étaient là (et qui ne se sont donc pas laissés démonter par les diverses méthodes qui ont été employées à cet effet) savent que la foule était compacte et que les manifestants ont afflué longtemps place de la Nation (je suis parti à 18h30 et il en arrivait encore). Présent ou non, chacun pourra juger, avec la vidéo que je mets en lien ci-dessous, de l’espacement entre les manifestants pour mesurer les chiffres imaginaires de Monsieur Valls à l’aune du monde réel.


La marée citoyenne du 5 mai 2013 by Parti de Gauche

La publication de ces chiffres politiques pose évidemment de nombreuses questions. Dans un courrier adressé au préfet de police de Paris, Alexis Corbière en a relevé quatre :

1) La préfecture a-t-elle fait compter le nombre de participants, en dépit de son intention initiale de ne pas publier d’estimations ?

2) Si oui, pourquoi ces estimations n’ont-elles pas été publiées sur le site de la préfecture ?

3) S’il y a eu comptage, quelles ont été les méthodes utilisées ?

4) Pourquoi la règle habituelle de non-communication des estimations n’a-t-elle pas été respectée ?

Ces quatre questions appellent des réponses. Nous les attendons donc avec impatience.

 

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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.