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Réunion de la première assemblée représentative du M6R

Ce samedi 6 juin se réunissait à Paris la première assemblée représentative du M6R, le mouvement pour la 6e République. J’y participais, en tant qu’élu de la région Centre sur la plateforme citoyenne « Nous le Peuple ». Je voudrais faire ici un compte rendu de cette journée afin de permettre aux lecteurs de ce blog de sentir un peu de l’ambiance qui régnait dans notre belle assemblée.

La réunion se tenait au Palais de la Découverte. J’y suis arrivé à 9h00 pour aider à la préparation de la salle. Avant toute chose, je pense qu’il faut que je parle du lieu. Le Palais de la Découverte est un bâtiment imposant, dans toutes les dimensions que ce mot recouvre. En tant qu’élu de la première assemblée représentative du M6R, j’étais sincèrement honoré que nous nous réunissions dans un lieu aussi beau. J’ajoute que, sur le fronton de la porte que nous devions franchir pour entrer, figurait l’inscription suivante : « Ce Monument a été consacré par la République à la Gloire de l’Art français ». Autant dire qu’en entrant, on se sentait la responsabilité d’être à la hauteur du lieu qui nous accueillait.

assemblée représentative du M6R entrée

Une fois la salle décorée et préparée, les membres de l’assemblée se sont installés chacun à leur place respective (nos noms étaient placés sur les sièges par ordre alphabétique). Boris Billa a fait un point introductif sur le chemin parcouru et le chemin encore à parcourir, puis Jean-Luc Mélenchon a pris la parole. Initiateur de ce mouvement qui compte aujourd’hui plus de 86 000 signataires, il a déclaré qu’il nous en « confiait les clefs » et qu’il s’en mettait désormais officiellement en retrait, non pas pour l’abandonner mais pour lui permettre de vivre sa vie et de faire grandir dans la société l’idée de la 6e République. Il a insisté sur le caractère inédit de ce que nous étions en train de faire et nous a invités à continuer dans cette voie nouvelle où les signataires d’un mouvement peuvent participer à chaque étape de sa construction.

assemblée représentative du M6R 1

La journée était ensuite divisée en quatre « ateliers » : l’auto-organisation du mouvement ; le débat sur le texte « Pour la 6e République » ; les actions que le M6R pourrait mener ; la réunion de la prochaine assemblée. Chacun de ces ateliers a été riche en propositions et je dois dire que j’ai été vraiment impressionné de voir à la fois combien le débat était constructif et combien il y avait là d’idées nouvelles pour faire progresser la 6e République. J’ajoute, pour que le tableau soit complet, que nos débats étaient retransmis en direct audio à tous les signataires, ce qui fait que nous étions placés sous leur contrôle permanent. D’ailleurs, cette assemblée représentative n’avait pour objectif que de leur faire des propositions soumises à leur vote et en aucun cas de décider à leur place.

Des ateliers constructifs

Je ne vais pas venir en détail sur chacun des ateliers car un compte rendu sera publié sur le site m6r.fr. Je parlerai succinctement des premier, troisième et quatrième ateliers et en dirait un peu plus sur le deuxième : le débat sur le texte « Pour la 6e République », car il m’a semblé être un moment important de définition de ce qu’est notre mouvement.

assemblée représentative du M6R 5Sur l’auto-organisation, le principal objet de débat a été : « comment faire pour que les citoyens inscrits sur “Nous le Peuple” puissent se contacter entre eux sans forcément avoir besoin de donner leur mail publiquement ? ». Il va donc falloir réfléchir à un mécanisme de contact interne à « Nous le Peuple ». On a là en quelque sorte la confirmation de ce que disait Jean-Luc Mélenchon dans sa dernière note de blog à propos d’un autre sujet : « L’innovation politique dépend aussi des outils techniques ».

Sur les actions à mener, il y a eu un grand nombre d’idées intéressantes. Des cahiers de doléances, des rassemblements festifs type concerts et encore beaucoup d’autres choses que j’oublie. L’idée principale a en tout cas été qu’il puisse y avoir à la fois des actions menées localement et d’autres nationalement.

Sur l’atelier concernant la prochaine assemblée, le principal point à signaler me semble être le suivant : nous allons proposer aux signataires de voter sur notre autodissolution. Dans quel autre mouvement que le M6R une assemblée qui détient une forme de pouvoir symbolique déciderait de proposer à l’ensemble des membres de reprendre ce pouvoir juste après l’avoir exercé ? Je pense que la réponse est dans la question. C’est dire le sens élevé des responsabilités qui anime les membres de ce mouvement. Cela tient en une phrase, prononcée lors de nos débats : « Il faut nous appliquer à nous-mêmes ce que nous voudrions voir être appliqué dans la société ».

Qu’est-ce que le M6R ?

Je voudrais maintenant revenir sur le deuxième atelier : le débat sur le texte « Pour la 6e République ». C’est celui qui me semble le plus riche en enseignements sur ce que nous sommes. Je pense que nous nous définissons, en tant que mouvement, au fur et à mesure de ce que nous faisons et de ce que nous disons. Et je crois que c’est dans cette séquence que nous avons le plus avancé sur cette définition.

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L’assemblée représentative avait reçu mandat des signataires pour débattre sur le texte « Pour la 6e République » et proposer une nouvelle version à leur vote. L’essentiel de notre débat sur ce texte peut se résumer de la manière suivante : le M6R doit-il ou ne doit-il pas proposer un contenu à la 6e République ? Dit autrement : est-il dans son rôle ou non de définir dès à présent ce que sera cette 6e République ? La question est en effet cruciale. Elle a des implications tant au niveau philosophique qu’au niveau stratégique.

Pour les tenants d’une 6e République dont on ne présage pas du contenu, les arguments étaient les suivants : « C’est à l’assemblée constituante de décider de ce qu’il y aura dans cette 6e République » et « On propose une 6e République marquée à gauche, ce qui peut empêcher un certain nombre de personnes de signer ». Quelqu’un, poussant volontairement le raisonnement à l’extrême, a dit en substance : « Si la Constituante décide d’établir une 6e République autoritaire et que les citoyens votent pour, alors c’est démocratique et je dois m’incliner ».

Pour ceux, dont je suis, qui voulaient donner dès à présent un contenu à cette 6e République, les arguments étaient les suivants : « On ne doit pas défendre simplement une réforme institutionnelle mais l’acquisition par les citoyens de nouveaux droits sociaux, écologiques, démocratiques, etc. arrachés aux puissants » et « les idées qui sont défendues dans ce texte sont certes marquées à gauche mais, au-delà d’une orientation politique manichéenne aujourd’hui devenue peu pertinente, elles servent surtout l’intérêt général et, dans cela, tout le monde peut se reconnaître ». L’idée était que personne ne pourrait être rebuté par l’idée d’avoir plus de droits écologiques, sociaux, démocratiques, etc. et que si c’était le cas, il nous fallait convaincre plutôt que de céder.

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Le débat a été très passionné et très enflammé sur ce thème. Et, chose que je crois assez rare dans des assemblées politiques traditionnelles, il y a vraiment eu un moment de basculement. C’est à dire qu’au terme de notre débat, tout le monde ou presque s’était rallié à la deuxième option et souhaitait mettre du contenu dans cette 6e République. Je dois dire que j’ai été heureux de voir que, dans notre débat, nous avions réussi à nous mettre d’accord par la discussion argumentée.

L’autre surprise pour moi a été le souci du détail accordé au texte. Chacun voulait qu’il fût non seulement bon sur le fond mais aussi beau sur la forme. Nous avons ainsi débattu jusqu’à remplacer des « et » par des « ainsi que » pour éviter des répétitions maladroites. Ce seul élément est, je crois, un indice de l’importance que nous avons accordée à ce texte qui, à nos yeux et à ce moment-là, nous semblait devoir être historique.

Et maintenant, en avant ! 

Ce compte rendu subjectif ne serait pas complet si je ne disais pas un mot de l’ambiance qui régnait dans les quelques moments de pause que nous avons eus. D’abord, il faisait grand soleil, ce qui n’est pas sans influence sur le moral et l’humeur. À midi, nous avons donc pu manger dehors, des sandwiches qui avaient été préparés par les courageux bénévoles du M6R. Les discussions autour de ces sandwiches étaient très politiques, au sens noble que le mot revêt, et souvent très passionnées. Surtout, des liens se sont tissés, et c’est aussi l’une des grandes vertus de cette assemblée : avoir réuni ensemble des citoyens qui partagent une même idée au service du grand nombre.

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Dans l’ensemble, cette journée a donc été enrichissante à tous les niveaux : nous avons appris à nous connaître les uns les autres et nous avons appris des choses sur ce qu’était notre mouvement puisqu’en débattant nous avons contribué à en donner une définition par petites touches successives. Maintenant, reste à savoir si nos propositions seront soutenues ou non par l’ensemble des signataires à l’occasion du vote qui aura lieu sur nos travaux. Vraiment, j’ai hâte de voir cela et d’y participer en tant que signataire. Et surtout, j’ai hâte de passer à la suite et aux actions organisées collectivement pour faire progresser dans la société l’idée de la 6e République. Comme je l’avais dit dans une autre note de blog, cela me semble être la réponse à de nombreux problèmes. Je le redis ici : la 6e République est une idée au service du peuple et de l’intérêt général humain. À nous, maintenant, de rendre cette idée majoritaire dans le peuple français !

Si ce compte rendu vous semble intéressant, je vous invite à aller voter « pour » le petit article que j’ai mis sur « Nous le Peuple » afin de faire circuler l’information. 

 

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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.

3 commentaires

  1. merci pour ce compte rendu qui donne envie de redécouvrir le plus beau des  » arts français » : celui de l’écriture citoyenne. le souci du « détail « accordé au texte est la garantie de la qualité de l’encre dans laquelle sera trempée la plume qui écrira ce projet « au service du peuple et de l’intérêt général humain ».
     » Art. 16. – Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution »

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