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Face aux abus médiatiques, plus de 150 000 personnes veulent créer un conseil de déontologie du journalisme

En 10 jours, plus de 150 000 personnes ont apporté leur signature à la pétition pour la création d’un conseil de déontologie du journalisme lancée sur change.org par Jean-Luc Mélenchon le 5 décembre 2017.

Cette proposition, déjà faite par la France insoumise dans son programme pour les élections présidentielle et législatives, ainsi que dans son livret sur les médias, consiste à fournir aux citoyens un recours contre les abus, manipulations ou mensonges médiatiques. On a pu voir, lors de « L’Émission politique » à laquelle était invité dernièrement Jean-Luc Mélenchon sur France 2, combien ceux-ci peuvent être nombreux et se produire en ayant un impact élevé (puisque l’émission était suivie par plus de 2 millions de personnes). La France insoumise a d’ailleurs réalisé une vidéo pour revenir sur ces mensonges et malhonnêtetés (voir ci-dessous).

Or, face à ce genre de mensonges et de malhonnêtetés volontaires qui peuvent toucher n’importe quelle information et pas seulement la France insoumise, le peuple est pour l’instant sans recours déontologique. Ce n’est pas le rôle du CSA, dont la sphère de compétence se limite de surcroît à l’audiovisuel et n’inclut donc pas la presse papier et internet. Ce n’est pas non plus le rôle de la justice puisque celle-ci condamne en fonction de la loi, non en fonction de la déontologie interne au métier de journaliste, c’est à dire au métier qui consiste à informer les citoyens et tient donc un rôle central dans la vie démocratique de notre pays.

La France mal classée pour la liberté de la presse

La pétition propose donc « la création d’un Conseil de déontologie du journalisme en France » pour que « les citoyens [disposent] d’un recours pour faire respecter leur droit à une information objective ». Elle propose encore que ce conseil soit « composé de représentants des usagers des médias et de représentants des journalistes, y compris les précaires et pigistes ».



Ce type de structure existe dans d’autres pays, notamment en Belgique, en Suède ou encore au Québec. Et dans tous ces pays, on constate depuis leur création que l’information est plus fiable que dans d’autres où il n’en existe aucune. Mieux : ces conseils renforcent la liberté de la presse et défendent l’indépendance des journalistes, notamment vis-à-vis des puissances d’argent et des grands propriétaires de médias. Encore mieux : là où ils ont été introduits, ils ont renforcé la confiance des citoyens dans leurs médias tandis qu’en France celle-ci atteint un plancher historique.

Une telle structure serait donc extrêmement utile en France puisque notre pays arrive à la 39e du classement de l’association Reporters sans frontières pour ce qui concerne la liberté de la presse. En cause, d’abord, le contrôle d’une grande partie de la presse par des puissances d’argent. L’association explique :

« Le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l’indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias. »

L’impact positif du conseil de déontologie du journalisme à l’étranger

À l’inverse, la Belgique et la Suède, qui disposent d’un Conseil de déontologie du journalisme, arrivent respectivement à la 9e et la 2e place du classement de Reporters sans frontières. Dans ces pays, on constate que ce genre de structure a à la fois renforcé l’indépendance des journalistes vis-à-vis des propriétaires de médias… mais aussi la confiance des citoyens dans leurs médias.

Ces structures semblent donc avoir un impact tout à fait bénéfique sur le monde médiatique. D’ailleurs, si quelques médiacrates très intimement liés à la caste politique et économique dirigeante ont essayé de faire passer cette proposition pour un dangereux acte contre la liberté de la presse, des journalistes plus sérieux et plus indépendants l’ont à l’inverse saluée comme étant utile et positive.

Conclusion : hormis quelques oligarques du journalisme (si on peut encore appeler ça comme ça dans leurs cas) attachés à leur pouvoir et leur influence comme des huîtres à leur rocher, cette proposition semble rencontrer un large écho à la fois dans la population française et parmi les (vrais) professionnels de l’information. N’hésitez donc pas à apporter votre appui à cette pétition pour permettre de faire avancer cette idée qui va à l’évidence dans… le bon sens.

 

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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.

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