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Crédits photo : FDR - François de Rugy (Wikimedia Commons - CC)

De Rugy reçoit officiellement le fondateur d’un parti néonazi… et assume !

Décidément, le « barrage » contre le Front national que devait incarner Macron a de sacrée fuites. Après les propos des ministres Gérard Collomb et Christophe Castaner directement tirés du vocabulaire lepéniste, voici maintenant que le président de l’Assemblée nationale François de Rugy (LREM) reçoit officiellement un néonazi ukrainien.

En effet, ce lundi 11 juin à 10h, François de Rugy reçoit Andriy Parubiy, fondateur en 1991 du parti social-nationaliste d’Ukraine, devenu en 2004 « Svoboda », parti d’extrême droite considéré comme antisémite par le Centre Simon Wiesenthal, une ONG reconnue par l’ONU et l’UNESCO.


Cette réception officielle aurait pu passer inaperçue sans la réaction de deux députés de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière, qui l’ont dénoncée sur Twitter. Jean-Luc Mélenchon a ainsi expliqué « Demain de Rugy reçoit solennellement le néonazi antisémite ukrainien Svoboda ! Voilà où mène l’atlantisme forcené. »


De son côté, Alexis Corbière a interpellé le président de l’Assemblée nationale : « J’apprends que @FdeRugy va recevoir demain à 10h l’abject antisémite et fondateur du parti ukrainien néo-nazi Svoboda. Même si c’est le nouveau Président du parlement (Rada), la République française n’a pas à honorer ce violent xénophobe. Je demande à De Rugy d’annuler ce rdv. ». Il a ensuite publié un second tweet : « Pourquoi @FdeRugy voit-il l’antisémite ukrainien Andry Parouby demain ? Que vient-il faire en France ? Acheter des armes ? Fondateur du parti néo-nazi devenu Svoboda, dénoncé par le Jérusalem Post ou le Centre Simon Wiesenthal,qu’il préside le parlement ukrainien est un scandale. »

De Rugy assume

La veille, de Rugy avait aussi été interpellé sur Twitter par Olivier Berruyer, fondateur du site lecrises.fr, qui avait déclaré : « Scandaleux ! @FdeRugy et @gerard_larcher s’apprêtent à recevoir le cofondateur du parti fasciste ukrainien Svoboda, qui a dirigé sa milice paramilitaire. Promoteur du “Social-Nationalisme”(sic.), c’est un admirateur du Jean-Marie Le Pen de la grande époque ».

Le président de l’Assemblée nationale avait alors réagi : « Il est normal que je reçoive un homologue, élu à l’issue d’élections libres. La diplomatie parlementaire, c’est parler à tous les acteurs d’une crise : je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années. ». Réponse d’Olivier Berruyer : « Merci pour votre réponse. Mais ôtez-moi d’un doute : auriez-vous également reçu dans les années 30 Hermann Göring, élu Président du Reichstag “à l’issue d’élections libres”? Car l’Histoire montre que ces individus haineux créent les crises, mais qu’ils ne les résolvent jamais… ». Bien sûr, de Rugy n’avait pas répondu à cette nouvelle interpellation autrement qu’en détournant la conversation sur le sujet de la rencontre avec la Douma.


Mais c’est suite à l’interpellation de Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière que l’affaire a pris une certaine ampleur médiatique. Et pour autant, de Rugy continue à assumer ouvertement cette rencontre. Interrogé par BFMTV, la présidence détaille : « Quelles que soient ses positions politiques, qui ont oscillé entre l’extrême-droite et le centre-droit, Andriy Parubiy a été élu président du Parlement ukrainien à l’issue d’élections législatives libres ». Elle affirme qu’il est « normal que le président de l’Assemblée nationale reçoive un homologue étranger, venu de surcroît d’un Etat européen et voisin de l’Union européenne » et que de Rugy « parle, au niveau parlementaire, à tous les acteurs de la crise ukrainienne (…) afin de résoudre le conflit ».



En dépit des vives critiques qui lui ont été adressées pour cette rencontre, François de Rugy assume donc de rencontrer officiellement le fondateur d’un parti d’extrême droite antisémite. Ceux qui disent vouloir faire des barrages pour bloquer l’extrême droite sont de toute évidence ceux qui, parfois, font sauter les digues avec elles.

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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.

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