lbd municipale
Crédits photo : Nerban Del Burn

Une police municipale armée de LBD : à Châteauroux, la décision du maire Gil Avérous fait scandale. Une pétition lancée.

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C’est une décision qui était jusque là passée quasi-inaperçue dans la ville de Châteauroux (Indre) : le maire de la ville, Gil Avérous (LR, soutient de Nicolas Sarkozy pendant la primaire), avait émis le souhait, il y a quelques temps déjà, d’équiper la police municipale de lanceurs de balles de défense (LBD) et d’armes à feu. L’autorisation lui avait été donnée par la préfecture en deux fois : le 4 juillet 2018 pour les LBD puis le 7 novembre 2018 pour les armes à feu. Mais rien n’avait jusqu’alors changé.

C’est le conseil municipal du 27 mars qui a fait émerger ce sujet sur la scène publique, grâce à une intervention de l’unique conseiller municipal insoumis de la ville : Aymeric Compain. L’élu du mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait en effet repéré que le règlement de la police municipale comportait une modification autorisant désormais les agents à porter des LBD et des armes à feu. Il expliquait : « Si on entre dans une logique de dire que toutes les polices vont être répressives, on entre dans une espèce d’escalade. Vous parliez de lanceurs de balles de défense tout à l’heure ; on a vu les effets de ces balles de défense dans la manifestation des Gilets jaunes en situation de foule. »

Une pétition lancée pour que le maire renonce à cette décision

Un mois plus tard, le sujet devient connu de tous avec l’envoi aux habitants de la ville et de la communauté d’agglomération du bulletin bi-mensuel sur la vie de l’agglo. La décision y est parfaitement assumée par Gil Avérous et suscite rapidement une vive opposition. Le journal insoumis local, « Ouste ! », lance une pétition qui reçoit en quelques jours plusieurs centaines de signatures.

JE SIGNE LA PÉTITION

Paradoxalement, c’est la volonté d’équiper la police municipale de LBD qui suscite l’opposition la plus forte, peut-être davantage encore que les armes à feu – dont la dangerosité est évidemment supérieure. Il faut dire qu’après près de 6 mois de mobilisation des Gilets Jaunes, l’effet de ces LBD est désormais connu de tous : 23 personnes éborgnées depuis le début du mouvement. Un résultat désastreux pour Castaner et Macron : la France a même été condamnée par l’ONU pour un usage excessif de la violence.

C’est sans doute la raison pour laquelle la décision du maire de Châteauroux suscite autant l’incompréhension et la colère dans la ville et au-delà. D’autant que désormais, le gouvernement a été forcé de reconnaître que les LBD doivent être considérée, au même titre que les armes à feu, comme des armes de guerre. Un arsenal qui apparaît disproportionné pour cette ville de 44 000 habitants où les relations ont toujours été tranquilles entre la police et la population, y compris pendant les manifestations de Gilets Jaunes.

Pour une désescalade et un redéploiement de la police nationale

Loin de cette « escalade » qu’est l’armement lourd des polices municipales et qu’a dénoncée le conseiller municipal insoumis Aymeric Compain, la France insoumise propose au contraire deux choses. D’abord, l’interdiction des LBD et des grenades GLI-F4, dont la dangerosité est désormais prouvée. Ensuite, le redéploiement de la police nationale pour couvrir les besoins de la population de notre pays.

Ainsi, alors que le maire de Châteauroux Gil Avérous a soutenu Nicolas Sarkozy, qui a supprimé 13 000 postes de policiers dans notre pays, la France insoumise proposait, lors de l’élection présidentielle de 2017, de recruter 10 000 agents. On voit qu’en matière de sécurité des Français, les meilleures décisions ne viennent pas toujours de ceux qui en font hypocritement le cœur de leur programme, mais appliquent dans les faits des décisions contraires à l’intérêt général…

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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.

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