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Union populaire : la stratégie de Mélenchon pour gagner en 2022. Et gouverner.

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Ce jeudi 1er juillet 2021, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse au siège du mouvement insoumis. Il y a présenté une nouvelle étape de sa campagne présidentielle de 2022 axée désormais sur un mot d’ordre : l’« union populaire » autour du programme « L’Avenir en commun » et de sa candidature pour le porter. Cette nouvelle étape se matérialise notamment par une nouvelle identité graphique et par un site, melenchon2022.fr, où il est possible d’apporter son soutien à Jean-Luc Mélenchon. Plus de 235 000 personnes l’ont déjà fait dans la première phase de campagne qu’il avait lancée sur le plateau de TF1 et par un direct sur l’ensemble de ses réseaux sociaux le 8 novembre 2020. Explications sur ce nouveau temps de la campagne présidentielle qui est la seule à pouvoir bloquer le duo Macron-Le Pen et ouvrir le chemin de la victoire des humanistes en 2022. 

Une stratégie majoritaire

Si ce second temps de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon se matérialise par un nouveau site internet et par une nouvelle identité graphique (vous verrez peut-être bientôt les affiches collées près de chez vous, comme c’est déjà le cas à Châteauroux), ce n’est en réalité pas la première fois que le candidat à l’élection présidentielle parle d’« union populaire ». Il en avait déjà dressé les contours lors de son meeting d’Aubin, dans l’Aveyron, mais aussi dans une note publiée sur son blog au lendemain de l’élection législative partielle qui avait vu l’insoumise Danielle Simonnet accéder au second tour et frôler la victoire en juin 2021. 

L’union populaire part d’une idée simple. Il existe des mesures qui rassemblent très largement le peuple français, indépendamment des clivages traditionnels de « gauche » ou de « droite » qui tendent à le diviser. Ainsi, 9 Français sur 10 sont favorables à l’augmentation du SMIC, à l’instauration d’une garantie d’emploi ou encore à l’interdiction du glyphosate (un pesticide jugé cancérigène). 8 Français sur 10 sont d’accord pour rétablir l’ISF, plafonner les frais bancaires, rendre gratuits les premiers mètres cubes d’eau, taxer les profiteurs de crise ou encore pour interdire la publicité pour les produits polluants. 7 Français sur 10 veulent rétablir la retraite à 60 ans, mettre en place le RIC (référendum d’initiative citoyenne) et planifier la sortie du nucléaire. Et 6 Français sur 10 sont pour passer à une 6e République, instaurer le RSA jeune ou encore déployer la semaine de 4 jours. 

On voit qu’il y a là de quoi rassembler une très ample et solide majorité populaire. Mais quels sont les points communs entre ces mesures ? Il y en a deux. La première, c’est qu’il s’agit de mesures sociales, écologiques et démocratiques qui ne recoupent pas nécessairement des clivages gauche/droite traditionnels. L’adhésion populaire très forte qui s’y associe montre bien d’ailleurs qu’il s’agit, pour le résumer simplement, de mesures d’intérêt général. Le second point commun entre ces mesures est le suivant : elles sont toutes contenues dans « L’Avenir en commun », le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Et ce programme ne se contente pas de les additionner : il les met en cohérence. C’est bien pourquoi il est le plus à même de rassembler le peuple français ou, pour le dire autrement, de réaliser cette « union populaire » que Jean-Luc Mélenchon a décrite. 

Une stratégie pour gagner

Cette stratégie majoritaire est aussi une stratégie de victoire pour 2022. Je veux ici donner quelques arguments à celles et ceux qui ne parviennent pas à voir plus loin que la petite musique politico-médiatique de la prétendue « union de la gauche » dont beaucoup ont désormais compris qu’elle n’arriverait pas, mais dont peu ont compris qu’elle peut de surcroît être contreproductive.

Commençons par le point de départ. L’union de la gauche est – pour le moment, du moins – une chimère. Tous ceux qui commencent une phrase par « sans union de la gauche il va se passer ça » font donc des prophéties et non des analyses basées sur la réalité. Car le PS et EELV avaient annoncé depuis longtemps qu’ils auraient un candidat à l’élection présidentielle. Et ce paysage existait déjà lorsque Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature autour du programme « L’Avenir en commun ». Au final, si l’espace « la gauche » a encore un sens en y incluant des gens qui ont nommé Macron ministre avant de lui ouvrir la porte de l’Élysée (je pense au PS), on compte deux candidatures trotskystes, une candidature du PCF, une d’EELV, une du PS et enfin, celle que nous portons avec Jean-Luc Mélenchon. Et c’est bien ce dernier qui est largement en tête de cet espace politique dans tous les sondages, donc la plus à même, potentiellement, de rassembler cet espace avec la force de propulsion nécessaire pour le faire accéder au second tour. 

Outre le fait que, donc, cette « union de la gauche » semble matériellement impossible, elle poserait quoi qu’il arrive trois grands problèmes. Le premier, c’est que « la gauche » n’est plus un label qui permet d’être majoritaire : de fait, les diverses enquêtes d’opinion montrent que cet espace regroupe, au mieux, 25% à 30% de la population. Le second est lié au premier : c’est que pour être majoritaire, comme je l’ai expliqué plus haut, il faut surtout un programme capable de rassembler le peuple français. Or, parmi les mesures que j’ai évoquées et qui sont portées majoritairement par le peuple et par Jean-Luc Mélenchon, c’est tantôt le PS, tantôt EELV, tantôt le PCF, tantôt tel ou tel qui y est défavorable. Un programme d’union de la gauche serait donc nécessairement une synthèse de ce qui fait le moins de désaccords. C’est à dire une soupe très liquide à base d’eau tiède, incapable de rassembler qui que ce soit ou quoi que ce soit. Le troisième problème est lié aux deux précédents. C’est qu’à l’heure où le peuple est entré par son abstention massive dans une forme d’insurrection froide, tout ce qui amoindrirait la force d’un programme de révolution citoyenne, tout ce qui serait perçu comme des tambouilles ou des magouilles, tout ce qui, enfin, risquerait d’identifier le camp de la rupture avec les figures détestées du vieux monde politique qui a gouverné avec Valls et Hollande serait immédiatement perçu comme une partie du problème. Et donc dans l’incapacité de provoquer le sursaut de mobilisation populaire nécessaire à l’emporter face à Macron. Il reste néanmoins quelques personnalités qui pourraient rejoindre un pôle de rupture, à EELV comme Sandrine Rousseau ou à Génération.s. Le temps dira si la convergence est possible avec eux autour de l’union populaire.

De fait, quoi qu’il arrive, la clé de 2022 est là. Le camp de la rupture avec l’ordre établi, pour l’emporter, doit convaincre les abstentionnistes de retourner aux urnes. Et ce n’est pas en additionnant des logos qu’on le fera : les élections régionales l’ont prouvé. C’est en proposant un programme qui répond aux besoins du peuple et en sachant le porter. En effet, nombre d’électeurs ne s’intéresseront à l’élection que dans les deux mois qui précèdent le premier tour, d’autres encore le dernier mois, la dernière semaine, le dernier jour. C’est à ce moment-là que tous les outils mis en place pour convaincre sur la base de ce programme majoritaire montreront leur efficacité. Je parle ici, bien sûr, des outils numériques qui sont les garants (pour l’instant) de notre totale liberté de parole. Mais je parle aussi et surtout des dizaines de milliers de ce que j’appelle les « porte-parole du peuple », c’est à dire de ceux qui soutiennent la candidature et le programme de Jean-Luc Mélenchon et qui, parce qu’ils se sont formés politiquement, parce qu’ils ont lu ce programme, parce qu’ils ont fait leurs propres recherches, sont capables de convaincre un, deux, trois, cinq, dix, vingt proches d’aller voter et de choisir le bulletin « Mélenchon » lors de l’échéance de 2022. Il ne faut pas plus – mais pas moins – pour gagner. Qu’on se souvienne que le 10 mars 2017, soit un mois et 7 jours avant l’échéance du premier tour de l’élection présidentielle, certains sondages donnaient encore Jean-Luc Mélenchon autour de 10%. On se souvient comment cela a fini : dans le dernier mois, la remontée a été fulgurante pour atteindre près de 20%. Nous étions, déjà, à deux doigts du deuxième tour. En 2022, nous y parviendrons, j’en ai la conviction. 

Une stratégie de gouvernement

Il reste un point essentiel. Gagner n’est pas tout. Encore faut-il pouvoir gouverner. Là aussi, l’union populaire autour d’un programme et d’une équipe de gouvernement est un outil indispensable. Car les ruptures avec l’ordre établi ne sont possibles que si elles s’accompagnent d’un fort soutien et d’une permanente mobilisation populaires. La prise du pouvoir permet, certes, de changer les choses par le haut. Mais la marge de manoeuvre, la profondeur et l’ampleur du changement ne sont grandes que si c’est le peuple tout entier qui se mobilise, avec conscience et détermination, pour obtenir la mise en oeuvre pleine et entière du programme qu’il a choisi par ses bulletins de vote. 

Gouverner n’est pas un jeu. Encore moins une partie de plaisir. Cela exige de savoir où l’on va et d’avoir une équipe solide prête à exercer le pouvoir et à servir la volonté du peuple. Cela tombe bien : Jean-Luc Mélenchon est prêt sur les deux plans. Pendant les quatre années où les députés insoumis ont exercé leur mandat, le programme « L’Avenir en commun » a été transformé en propositions de lois qui peuvent être facilement déclinées en plans. Mais dans ce travail législatif, ce sont aussi des équipes qui se sont formées, capables d’assumer la lourde tâche de participer à un gouvernement et de diriger la France. La même logique s’est mise en place au Parlement européen. Au total, cela permet de s’assurer à la fois la crédibilité d’un programme, puisqu’il est déjà décliné en propositions de lois, et de celle d’une équipe, puisqu’elle s’est déjà placée dans un rôle gouvernant. Que les urnes en décident et les insoumis sont prêts à gouverner le pays. 

Volonté politique, préparation sur le plan législatif de la mise en oeuvre d’un programme, équipe de gouvernement et, surtout, mobilisation populaire forte : voilà les ingrédients indispensable de la mise en oeuvre d’un programme de rupture avec l’ordre établi. Alors que les macronistes, les hollandistes et les sarkozystes ont affaiblit l’État en le privant de moyens et en laissant la Commission européenne le démanteler par petits morceaux, il faudra une bonne dose de courage politique, une détermination sans faille et un plan de route clair et transparent permettant au peuple de se mobiliser pour mettre enfin la France sur les rails du progrès social, écologique et démocratique. 

Au travail ! 

On voit combien tous ces enjeux, pourtant cruciaux, sont loin des batailles intestines que vont maintenant se mener certains partis de « la gauche », EELV et le PS notamment, pour définir quel sera leur candidat à l’élection présidentielle. Sans programme, sans candidat, sans base sociale, sans capacité de mobilisation populaire à 9 mois de l’échéance, ces partis semblent ne devoir participer à l’élection qui peut tout changer qu’avec deux objectif : le premier, optimiste pour eux, c’est que le système médiatique les aide à être le recours de l’oligarchie économique qu’avait été Macron en 2017 ; le second, pessimiste pour eux, c’est de se contenter de « faire un score » qui permettra d’organiser des accords législatifs sur ces bases. Dans les deux cas, on ne comprend pas bien l’intérêt pour le peuple et pour le pays. Dans le second, en particulier, on comprend que les logiques internes de congrès de partis sont devenues le seul horizon politique dont sont capables ceux qui n’ont plus d’idées pour le pays. 

Avec l’union populaire autour du programme « L’Avenir en commun » et du candidat qui le porte, Jean-Luc Mélenchon, c’est donc tout un monde politique qu’il s’agit de renverser. Celui de l’ordre établi et du duo Macron-Le Pen, d’une part. Mais aussi, à l’autre bout de l’échiquier politique, celui d’une « gauche » qui ne peut plus être une force de propulsion pour le peuple. À moins que ses dirigeants comprennent à temps que 2022 n’est pas une course perdue mais une bataille gagnable ; à moins que ses dirigeants comprennent à temps qu’il ne faut pas accompagner le système ou s’en accommoder mais rompre avec lui ; à moins que ses dirigeants comprennent à temps que si une union se fait elle doit se faire autour d’une dynamique politique populaire, d’un programme de rupture cohérent et prêt à l’emploi et du seul candidat capable de les mener à la victoire : Jean-Luc Mélenchon. Si je ne désespère jamais de rien, je doute malheureusement que la vieille gauche soit capable de ces trois ruptures. Mais ce n’est pas grave. Avec ou sans eux, nous le ferons quoi qu’il arrive. L’union populaire est le seul chemin de la victoire des humanistes. Et on peut remercier Jean-Luc Mélenchon d’avoir ouvert ce chemin avec cette nouvelle étape de sa campagne. Il fait sa part de l’ouvrage. À nous de prendre la nôtre. Au travail !


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À propos de Antoine Léaument

Fondateur de la chaîne YouTube et du site « Le Bon Sens ». Responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon.

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